Media buying, copywriting, closing et setting attirent souvent les mêmes personnes : celles qui veulent travailler en indépendant, à distance, et mieux gagner leur vie. Mais ce sont quatre métiers très différents, avec chacun ses revenus, ses contraintes et son profil idéal. Comment choisir ? Pour répondre sans te vendre du rêve, je compare les quatre selon la même grille de six critères : accessibilité, revenus, autonomie, régularité des revenus, exposition à l'intelligence artificielle et capacité à prouver sa valeur.
Je préfère être transparent d'entrée : je pratique le media buying depuis 2020, je le connais donc mieux que les trois autres métiers. C'est précisément pour limiter ce biais que je les évalue tous selon les mêmes critères, chiffres à l'appui, et que je place ma recommandation personnelle à la fin, une fois la comparaison posée.
Néanmoins, je fais du copywriting avec l'IA pour mon entreprise depuis 2024, j'ai également travaillé avec un copywriter et j'ai aussi fait du closing et du setting pendant 1 an.
Le comparatif en bref
- Copywriting : écrire pour vendre (pages, publicités, e-mails). Revenu indicatif : 2 000 à 5 000 euros par mois selon l'expérience.
- Closing : conclure des ventes par téléphone pour un tiers. Revenu à la commission, très variable : de 2 000 à plus de 10 000 euros par mois.
- Setting : décrocher et qualifier les rendez-vous en amont du closer. Revenu : environ 2 000 à 3 000 euros par mois.
- Media buying : piloter la publicité payante d'entreprises sur Meta, Google ou TikTok. Revenu : 1 500 à 3 000 euros par mois en début, 3 000 à 5 000 euros et plus ensuite.
Le copywriting : écrire pour vendre
En quoi ça consiste. Le copywriter rédige des textes conçus pour faire agir : pages de vente, publicités, e-mails, scripts. C'est un métier de mots au service de la conversion.
Revenus. Le TJM (tarif journalier moyen) d'un concepteur-rédacteur freelance suit l'expérience : environ 250 euros par jour pour un débutant, jusqu'à 475 euros pour un sénior, avec une moyenne de 412 euros sur plus de 5 000 profils (source : Malt 2026). En revenu mensuel, cela va d'environ 2 000 à 3 000 euros au début à 3 000 à 5 000 euros pour un confirmé (source : La Gazette du Marketing).
Autonomie et dépendance. Tu travailles pour tes propres clients, mais tu livres une prestation ponctuelle : la valeur produite s'arrête souvent à la livraison du texte.
Exposition à l'IA. Élevée sur l'entrée de gamme : produire un premier jet correct n'a jamais été aussi accessible. La valeur se déplace vers la stratégie de message et la spécialisation.
Pour qui. Ceux qui aiment écrire, analyser les mécanismes de persuasion et travailler le message.
Le closing : conclure les ventes
En quoi ça consiste. Le closer transforme en ventes des rendez-vous déjà intéressés, généralement sur des offres à prix élevé (le high-ticket, c'est-à-dire des produits ou accompagnements à plusieurs milliers d'euros). Il ne trouve pas les prospects lui-même.
Revenus. Presque toujours à la commission, rarement au tarif journalier : souvent 10 à 20 % du chiffre d'affaires généré, parfois 20 à 30 % sur du coaching high-ticket. Les revenus vont d'environ 2 000 euros par mois pour un débutant à 4 000 ou 10 000 euros pour un confirmé, avec une minorité au-delà (sources : lefreelance.fr, agentco.fr). Sois lucide : ces chiffres sont souvent mis en avant par des formations, et la réalité médiane est plus basse.
Autonomie et dépendance. Forte dépendance : les leads (les contacts commerciaux) et le produit vendu ne sont pas les tiens. Si la source de rendez-vous se tarit, ton revenu chute.
Exposition à l'IA. La préparation et l'analyse des appels s'automatisent, mais l'interaction humaine et la persuasion en direct restent difficiles à remplacer.
Pour qui. Ceux qui aiment la vente orale, la négociation et la pression des objectifs.
Le setting : décrocher les rendez-vous
En quoi ça consiste. Le setter contacte les prospects, les qualifie et fixe les rendez-vous que le closer conclura. C'est un rôle commercial d'entrée de gamme, souvent la première marche vers le closing.
Revenus. Un fixe modeste plus une prime par rendez-vous obtenu ou honoré, soit souvent 2 000 à 3 000 euros par mois, davantage avec l'expérience (sources : SalaryExpert, Glassdoor).
Autonomie et dépendance. Comme le closing, tu dépends des leads et de l'offre d'un tiers.
Exposition à l'IA. Élevée : la qualification et les messages simples se prêtent bien à l'automatisation.
Pour qui. Ceux qui veulent démarrer vite dans la vente et apprendre la prospection et la qualification.
Le media buying : piloter la publicité
En quoi ça consiste. Le media buyer gère le budget publicitaire d'une entreprise en acquisition payante, sur Meta Ads, Google Ads ou TikTok Ads. Il crée et optimise des campagnes publicitaires pour générer un résultat mesurable, en pilotant des indicateurs comme le CPA (coût par acquisition) et le ROAS (retour sur dépense publicitaire).
Revenus. En freelance, le tarif journalier va généralement de 400 à 800 euros selon le niveau. Chez nos élèves Shaperoom, les débutants gagnent souvent 1 500 à 3 000 euros par mois, puis 3 000 à 5 000 euros après environ un an (suivi interne, sans garantie de résultat).
Autonomie et dépendance. Élevée : tu ne dépends ni des leads ni du produit d'un tiers. Tu apportes une compétence que le client ne sait pas faire, et un résultat qu'il mesure.
Exposition à l'IA. L'automatisation des enchères, du ciblage et de l'optimisation progresse, mais la stratégie, la direction créative, l'analyse de données et la responsabilité des résultats restent humaines.
Pour qui. Ceux qui aiment analyser des données, tester des hypothèses et décider à partir de résultats chiffrés.
Notre grille de comparaison
Pour comparer objectivement, je note chaque métier de 1 à 5 sur six critères. Voici comment je les définis :
- Accessibilité : facilité à démarrer sans compétence préalable.
- Potentiel de revenus : plafond réaliste une fois établi.
- Autonomie : contrôle sur ton activité, tes clients, ton offre.
- Régularité des revenus : stabilité d'un mois sur l'autre.
- Résistance à l'IA : part du métier difficile à automatiser.
- Capacité à prouver sa valeur : facilité à démontrer un résultat chiffré.
Ces notes reflètent mon analyse et restent discutables, mais elles suivent la même grille pour les quatre métiers :
- Copywriting : accessibilité 4, revenus 3, autonomie 3, régularité 3, résistance à l'IA 2, preuve de valeur 3. Total : 18/30.
- Closing : accessibilité 3, revenus 5, autonomie 2, régularité 2, résistance à l'IA 3, preuve de valeur 3. Total : 18/30.
- Setting : accessibilité 5, revenus 2, autonomie 2, régularité 2, résistance à l'IA 2, preuve de valeur 2. Total : 15/30.
- Media buying : accessibilité 3, revenus 4, autonomie 5, régularité 4, résistance à l'IA 4, preuve de valeur 5. Total : 25/30.
Le closing domine sur le potentiel de revenus à court terme, le setting sur l'accessibilité. Le media buying obtient le meilleur total grâce à l'équilibre entre autonomie, régularité et capacité à prouver un résultat.
Quel métier résiste le mieux à l'IA ?
C'est une vraie question, et la réponse n'est pas la même pour les quatre. L'idée n'est pas de savoir lequel sera remplacé, mais quelle part de chaque métier reste difficile à automatiser :
- Copywriting : la génération de premiers jets est fortement automatisable ; la valeur restante est la stratégie de message et la spécialisation.
- Setting : la qualification et les messages simples sont partiellement automatisables.
- Closing : la préparation et l'analyse s'automatisent, l'interaction humaine reste importante.
- Media buying : les enchères, le ciblage et l'optimisation s'automatisent de plus en plus, mais la stratégie, le créatif, l'interprétation des données et la responsabilité business restent décisifs.
J'approfondis ce point ici : le media buying est-il un métier d'avenir ?
Les comparaisons directes
Media buying ou copywriting ? Le copywriting est plus accessible et transverse, mais plus exposé à l'IA. Le media buying demande plus d'apprentissage technique, mais offre plus d'autonomie et un résultat plus facile à prouver. Les deux se complètent bien.
Media buying ou closing ? Le closing peut rapporter plus à court terme, mais avec des revenus irréguliers et une dépendance totale aux leads et à l'offre d'un tiers. Le media buying offre des revenus plus réguliers et une vraie autonomie.
Media buying ou setting ? Le setting est plus rapide à démarrer, mais son plafond est bas et c'est souvent un tremplin. Le media buying construit une compétence plus durable.
Closing ou setting ? Le setting prépare les rendez-vous, le closing les conclut. Le setting est plus accessible, le closing mieux payé. Beaucoup commencent setter avant de passer closer.
Pour quel profil chaque métier ?
- Choisis plutôt le copywriting si tu aimes écrire, analyser la persuasion et travailler le message.
- Choisis plutôt le closing si tu aimes la vente orale, la négociation et la pression des objectifs.
- Choisis plutôt le setting si tu veux commencer vite dans la vente et apprendre la prospection.
- Choisis plutôt le media buying si tu aimes analyser des données, tester des hypothèses et décider à partir de résultats mesurables.
Mon choix : le media buying
Maintenant que la comparaison est posée, voici mon avis assumé. J'ai choisi le media buying, et je le recommande à celles et ceux qui veulent construire une activité durable, pour une raison simple que la grille résume : c'est le métier qui combine le mieux l'autonomie, la régularité des revenus et la capacité à prouver sa valeur. Tu ne dépends ni des leads ni du produit d'un autre, et tu apportes un résultat que le client mesure au centime près.
Cela ne veut pas dire que c'est le bon choix pour tout le monde. Si tu veux le revenu le plus rapide et que tu adores vendre, le closing peut te convenir davantage. Mais si tu cherches une compétence solide, une demande réelle (le marché de la publicité digitale progresse de plus de 11 % par an) et ta propre indépendance, le media buying est le pari le plus sûr des quatre.
Pour aller plus loin : Devenir media buyer freelance, le guide complet, ou qu'est-ce que le media buying exactement si tu pars de zéro.
FAQ
Quel est le métier en ligne le plus rentable ?
À court terme, le closing offre le plus fort potentiel, mais avec des revenus irréguliers et une forte dépendance. Sur la durée, le media buying offre le meilleur équilibre entre revenus, autonomie et demande.
Quel métier en ligne est le plus accessible pour débuter ?
Le setting, car il demande peu de compétences au départ. Le media buying demande plus d'apprentissage, mais construit une compétence plus durable.
Le closing rapporte-t-il vraiment autant qu'on le dit ?
Les revenus élevés existent, mais ils sont souvent mis en avant par des formations. La réalité médiane est plus basse, et les revenus dépendent entièrement des leads et de l'offre d'un tiers.
Quel métier résiste le mieux à l'IA ?
Aucun n'est totalement à l'abri, mais le media buying et le closing conservent une part humaine importante (stratégie, interprétation, interaction), là où le copywriting et le setting voient une plus grande partie de leurs tâches automatisées.
Peut-on cumuler ces métiers ?
Oui. Le copywriting se combine particulièrement bien avec le media buying, puisque savoir écrire des publicités qui vendent aide directement à piloter des campagnes.
Ce qu'il faut retenir
Il n'y a pas de métier parfait, mais un métier adapté à ton profil. Le setting est le plus accessible, le closing le plus rémunérateur à court terme, le copywriting le plus transverse, et le media buying le plus équilibré entre autonomie, régularité et capacité à prouver sa valeur. Si ton objectif est de construire une activité solide et indépendante, c'est le choix que je recommande.
Pour voir comment nous formons des débutants au media buying, regarde les témoignages de nos élèves sur notre chaîne YouTube, ou découvre notre approche.
À propos de l'auteur : Nicolas Dorfmann. Media buyer depuis 2020, formé par deux anciens de Google au sein d'une agence parisienne. J'ai géré plus de 2 M€ de budget publicitaire par an, générant près de 9,3 M€ de revenus pour des marques comme Nivea, Diptyque, Vestiaire Collective, La Sacem, Axa ou L'Étudiant. Après un parcours à Hetic, en agence puis 3,5 ans en freelance, j'ai fondé Shaperoom en 2024, où j'ai formé plus de 250 personnes à devenir media buyer freelance.




